EXPO | Hodler, Monet et Munch : la peinture à l'épreuve de l'impossible

Le musée Marmottan Monet présente, du 15 septembre 2016 au 22 janvier 2017, l’exposition Hodler Monet Munch. Peindre l’impossible


Pourquoi réunir le temps d’une exposition Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch ? Un Français né en 1840 et mort en 1926, un Suisse né en 1853 et mort en 1918 et un Norvégien né en 1863 et mort en 1944 : la composition du trio peut paraître étrange. Ils ne se sont même pas rencontrés, et, s’il ne fait aucun doute qu’Hodler et Munch ont souvent regardé Monet, la réciproque n’est pas démontrée. Circonstance aggravante : l’histoire de l’art a pris l’habitude de les classer dans des catégories différentes : impressionnisme, post-impressionnisme ou symbolisme. 

 

Une évidence historique d’abord : bien qu’ils appartiennent à des générations différentes, ces trois peintres ont vécu dans le même monde en cours de mutation, l’Europe d’avant et d’après la Première Guerre Mondiale. Ils en ont éprouvé les mutations techniques, politiques et sociales. Celles-ci ont affecté leur mode de vie et leurs pratiques artistiques. Ils étaient tous les trois des voyageurs et ont découvert des lieux et des motifs auxquels, un demi-siècle plus tôt, ils n’auraient pu accéder. Monet est venu en Norvège, Hodler est monté jusqu’aux glaciers alpins, Munch a voyagé du nord au sud de l’Europe. Ils ont aussi été les contemporains du développement accéléré des sciences physiques et naturelles et de leur approche méthodique par expérimentations et séries.


Ces expérimentations, ces séries, tous trois les ont introduites dans leur processus créatif pour affronter les difficultés de la représentation de motifs qui, en raison même de leurs particularités, deviennent pour eux des obsessions. « J’ai repris encore des choses impossibles à faire : de l’eau avec de l’herbe qui ondule dans le fond... c’est admirable à voir, mais c’est à rendre fou de vouloir faire ça. » Ces mots sont de Monet, mais ils pourraient être ceux du peintre qui, jusqu’à sa mort, s’obstine à étudier l’horizon des Alpes depuis sa fenêtre, de l’aube au crépuscule – Hodler. Ou de celui qui, insatisfait, revient jusqu’à la dépression sur les mêmes motifs, une maison rouge, des marins dans la neige, le couchant regardé en face, la nuit boréale – Munch. Comment peindre de face l’éclat éblouissant du soleil, avec de simples couleurs à l’huile sur une simple toile ? Comment peindre la neige dont l’éclat et la blancheur ne cessent de varier à la moindre nuance de la lumière ? Comment suggérer les mouvements et variations de la lumière sur l’eau, malgré l’immobilité de la peinture ? Tous trois ont mis ainsi la peinture à l’épreuve de l’impossible.


L’exposition les suit pas à pas dans ces recherches en comparant sans cesse leurs tentatives, en organisant des confrontations visuelles entre les trois artistes dans un espace repensé pour l’occasion afin d’accueillir une vingtaine d’œuvres de chacun. Les sujets, c’est-à-dire les problèmes : haute montagne, soleil, neige, eau vive. Le parcours les réunit une dernière fois sous le signe de la couleur dégagée du devoir d’imitation, jusqu’à leurs œuvres ultimes, elliptiques et libres – si libres qu’elles n’ont guère été comprises de leurs contemporains. Grâce à un partenariat exceptionnel entre le Munchmuseet d’Oslo et musée Marmottan Monet, elle présente des œuvres du peintre norvégien qui, pour certaines, n’ont jamais été vues à Paris. La générosité de plusieurs collections privées suisses permet d’y réunir un ensemble Hodler non moins exceptionnel, que ce soit par sa qualité ou sa rareté.

Source : communiqué de presse | Musée Marmottan Munch

Informations pratiques
Holder, Monet, Munch: Peindre l'impossible
Musée Marmottan Monet du 15 septembre 2016 au 22 janvier 2017

2 rue Louis Boilly, Paris 16ème (Métro La Muette)
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Entrée : 11 euros